Deux plantes Invasives Sur les rives des cours d'eau...

1 - La renouée du Japon

   C’est probablement la plus problématique des deux sur les berges.

   Comment la reconnaître ?

  • Grandes tiges creuses, souvent rougeâtres, ressemblant un peu à celles du bambou.

  • Feuilles assez grandes, en forme de cœur ou de triangle, à extrémité relativement pointue.

  • Peut atteindre 2 à 3 m de hauteur.

  • Petites fleurs blanches regroupées en longues grappes dressées, généralement en fin d'été.

   Pourquoi est-elle envahissante ?

   Son principal atout est son extraordinaire capacité de multiplication végétative. Elle possède un réseau souterrain de rhizomes très vigoureux. De minuscules fragments de rhizome ou de tige peuvent  donner naissance à une nouvelle plante.

   Les cours d'eau jouent donc un rôle particulièrement important : lors des crues, morceaux de plantes ou de rhizomes arrachés et transportés en aval colonisent ainsi rapidement de nouvelles berges.

   Une fois installée, elle forme souvent des massifs très denses, concurrençant fortement la végétation indigène en captant lumière et espace.

   Un point particulièrement important : la faucher ou la couper sans précaution peut contribuer à sa dispersion. Les déchets de coupe contenant des fragments capables de reprendre ne doivent  surtout pas être abandonnés sur place, transportés n'importe comment ou déposés n'importe où.

   Sa gestion est donc généralement difficile et doit être adaptée à la taille de la surface envahie. L'OFB (Office Français de la Biodiversité) recense plusieurs méthodes expérimentées : arrachage, bâchage, fauche répétée, etc., avec des résultats variables. 

2 - Le buddleia de David

   Le buddleia, ou arbre à papillons, est assez différent.

   Arbuste originaire de Chine, introduit en France au XIXe siècle comme plante ornementale, il est aujourd'hui considéré comme une espèce exotique envahissante en France hexagonale.

Comment le reconnaître ?

  • Arbuste pouvant atteindre plusieurs mètres de haut.

  • Feuilles opposées, allongées, vertes au-dessus et souvent grisâtres/blanchâtres en dessous.

  • Longues inflorescences très visibles, généralement violettes, mais pouvant aussi être roses ou blanches.

  • Floraison estivale très attractive pour de nombreux insectes, d'où son nom courant d'« arbre à papillons ».

Pourquoi se retrouve-t-il au bord des rivières ?

   Il apprécie particulièrement les milieux ouverts et perturbés, notamment les terrains où la végétation a été détruite ou décapée :  les crues peuvent créer de telles surfaces nues sur les berges et ses très nombreuses graines dispersées par le vent peuvent alors les coloniser rapidement.

   Contrairement à la renouée, il ne forme généralement pas d'immenses tapis végétaux.

   L'OFB le classe comme espèce exotique envahissante et dispose de retours d'expériences de gestion, notamment par coupe et traitement des souches.

Rappels aux propriétaires riverains...

En FEn Fance, pour un cours d’eau non domanial, le propriétaire riverain dispose de droits sur le cours d’eau et son lit, mais il doit assumer également une obligation importante d’entretien. Le régime principal figure aux articles L. 215-1 et suivants du Code de l’environnement. Dans le village de Lunas les ruisseaux de Nize et de Saint-Georges entrent dans cette catégorie et commencent à être envahis par la renouée et le buddleia.

1. Les principaux droits du propriétaire riverain

• Propriété du lit du cours d’eau
Le lit appartient aux propriétaires des deux rives, chacun possède en principe la moitié du lit, jusqu'à une ligne supposée tracée au milieu du cours d'eau.

• Usage de l’eau
Le riverain peut utiliser l’eau qui borde ou traverse sa propriété, mais
dans les limites fixées par la loi, les règlements et les autorisations administratives.

• Prélèvement de certains éléments du lit
Dans la partie du lit qui lui appartient, le propriétaire peut notamment extraire de la vase, du sable ou des pierres et prélever les produits naturels,
à condition de ne pas modifier le régime des eaux et de respecter son obligation d’entretien.

2. Ses principales obligations

• Entretenir régulièrement le cours d’eau
C'est l'obligation centrale de l'article L. 215-14. L'entretien doit notamment permettre :

  • de maintenir le cours d'eau dans son profil d'équilibre ;

  • de permettre l'écoulement naturel des eaux ;

  • de contribuer à son bon état écologique.

Il peut notamment comprendre :

  • l'enlèvement des embâcles et débris ;

  • l'enlèvement des atterrissements lorsque cela est nécessaire ;

  • l'élagage ou le recépage de la végétation des rives.

       L'élimination des espèces végétales jugées comme invasives revient donc aux propriétaires riverains...e

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