LA GENDARMERIE de LUNAS : 1er volet (1818 - 1874)

  En général, les chefs-lieux de cantons sont le siège d'une gendarmerie. En ce qui concerne celui de Lunas nous avons effectué des recherches pour savoir si ce fut le cas au XIXe siècle, essayer de retrouver trace de cette gendarmerie et comprendre sa suppression...

   Dans les Annuaires du département de l'Hérault consultables aux archives départementales, on trouve, entre 1818 et 1831), indication de la présence de 22 gendarmeries royales réparties ainsi :

     - 7 dans l'arrondissement de Montpellier (Montpellier, Lunel, St-Martin-de-Londres, Ganges, Mèze, Cette, Gigean) ;

     - 6 dans l'arrondissement de Béziers (Béziers, Nissan, Pézenas, Agde, Bédarieux et Saint-Gervais) ;

     - 4 dans l'arrondissement de Lodève (Lodève, Le Caylar, Clermont-l'Hérault, Gignac) ;

     - 5 dans l'arrondissement de Saint-Pons (Saint-Pons, Olonzac, Saint-Chinian, Olarques, La Salvetat).

   Entre 1835 et 1837 une gendarmerie provisoire est créée à Lunas. On retrouve effectivement dans le recensement de 1836 (page 32) la présence de 4 familles de gendarmes :

     - Lami Jean 35 ans ;

     - Buty Joseph 45 ans (marié à Elisabeth Chapon 25 ans) ;

     - Gabillot Jean 30 ans (marié à Angélique Caumel 28 ans, 1 enfant de 1an) ;

     - Flacon Antoine 36 ans ( marié à Jeanne Crebassa, 2 enfants de 3 et 5 ans).

   Le recensement ne précise pas où ces personnes sont hébergées. Probablement vivent-elles à l'auberge de Jean-Baptiste Gras, sur la Grand'Route (si l'on se fie à leur place sur le registre).

   Les annuaires de 1838 à 1840, ne mentionnent plus la présence d'une gendarmerie à Lunas. Ceux de 1841 et 1842 en indiquent une à Ceilhes. On retrouve des gendarmes à Ceilhes aux recensements de 1851 (pages 13 et 14), 1851 (page 17).

   Dans le compte rendu de la séance du 30 novembre 1848 du Conseil général de l'Hérault on lit (pages 87 et 88) :

   " La commission a examiné la réclamation présentée par le conseil municipal de Lunas, qui sollicite le rétablissement de la brigade de gendarmerie à cheval, qui stationnait dans cette commune en 1837. Cette demande est motivée sur l'ordre public, la nécessité de surveiller la route départementale N°8, qui traverse le territoire de Lunas et les autres chemins qui aboutissent à cette route ; la sécurité des nombreux voyageurs qui la fréquentent ; les facilités qu'offre la correspondance de la gendarmerie.. le Préfet et du Conseil général, et les prier de l'appuyer auprès du Gouvernement.

   Votre commission, tout en reconnaissant l'utilité de la mesure, a pensé que le conseil général n'avait pas à se prononcer sur l'opportunité du rétablissement de cette brigade, attendu que la demande n'est pas suffisamment instruite ni appuyée par le Préfet.

   En conséquence, elle vous propose de la renvoyer à ce Magistrat pour la faire instruire.

   Une discussion s'établit sur l'opportunité d'émettre ce vœu. M. Vernhette s'y oppose, parce que le Département pourrait reculer plus tard devant la dépense qu'entraînerait le casernement de la gendarmerie et que la demande n'est pas justifiée. M. Martin reconnaît qu'elle n'est pas régulièrement instruite  et propose l'ajournement, en s'associant au vœu émis par la commission.

   Le Conseil, consulté, délibère qu'elle sera renvoyée à M. le Préfet pour en faire, compléter l'instruction."

    En 1860 dans un compte rendu du Conseil général on note au sous-chapitre V :

   "Casernement de la gendarmerie : les baux des casernes de gendarmerie de Gignac, de St-Martin-de-Londres, de Gigean, de Montagnac, de St-Geniez-le-Bas, de Lunas, de Claret et de Frontignan,  prennent fin en 1861. Des  travaux d'appropriation seront réclamés par l'Administration pour mettre plusieurs de ces casenes en bon état et assurer les besoins du service. Un augmentation de 300 fr. sur le crédit affecté aux loyers devrait suffire à tous ces renouvellements de baux."

   Une gendarmerie sera donc de nouveau présente à Lunas. Après 13 années d'absence on la retrouve au recensement de 1861 constituée de 6 hommes :

   - Gabillot Jean 53 ans (marié à Angélique Caumel 49 ans, 1 fille de 19 ans), logés quartier du Pont Neuf ;

   - Bousquet Charles 43 ans brigadier (marié à Adèle Domergue) ;

   - Nougarède Jean 35 ans ;

   - Gassier Jean-Baptiste 32 ans (marié à Marie Montagnol 23 ans, 1 fille de 3 mois) ;

   - Mazerand Lucien 36 ans (avec sa nièce âgée de 14 ans) .

   - Damier Louis (marié à Marie ? et leurs 2 enfants). Ces 5 derniers habitent le Grand Chemin (actuellement Grand'Route).

   Au recensement de 1866 (pages 9 et 10) les gendarmes sont regroupés rue du Chemin Neuf, où des locaux ont, semble-t-il, été aménagés pour accueillir une brigade de 5 gendarmes et leurs familles :

   - Martin Jean Bernardin 49 ans (marié à Rosalie Ruhas 42 ans et leurs 5 enfants) ;

   - Duparge Adolphe 36 ans, brigadier (marié à Louise Altier 29 ans) ;

   - Pascal Joseph 36 ans (marié à Brugière Joséphine 32 ans, 1 enfant) ;

   - Boudiol Augustin 31 ans ;

   - Jaussoui Maurice 28 ans.

   En 1872 (pages 4 et 5), 5 gendarmes sont recensés au Grand Chemin :

   -  Osté Jean 31 ans, brigadier (et sa fille unique, âgée de 2 ans, née dans les Basses Pyrénées) ;

   - Cros Pierre, 46 ans (et son épouse Ollier Justine 32 ans née à Lodève) ;

   - Michel Pierre Hippolyte, 42 ans (et son épouse Aussely Octavie 37 ans et leurs 4 enfants) ;

   - Bouniol Augustin, 37 ans ;

   - Bonnafous Augustin, 37 ans (et son épouse Houdar Caroline 34 ans, leurs 4 enfants et sa belle-mère Houda Julie).

   En 1874, dans le compte rendu des séances du conseil général on trouve ce texte :

  " Translation de la brigade de gendarmerie de Lunas au Bousquet-d'Orb : la Commission vous propose de donner votre approbation à la demande de translation de la brigade de gendarmerie de Lunas au Bousquet-d'Orb -  Adopté"

    Lunas, chef-lieu de canton, va-t-il, une nouvelle fois, perdre sa gendarmerie ? ....  à suivre.... le mois prochain ...

Jeannine & Lucien OSOUF mars 2026

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