Biographie de Fulcrand OLLIER (4ème volet de 1810 à 1826)

  La naissance de Pauline...

   Enfin, l’année 1810 apporta à ce ménage une très grande joie : la naissance de Pauline puis, un peu plus tard, d’un petit César. Ce dernier décéda malheureusement en juin 1819. On comprend facilement dans ce contexte, le prix qu’Ollier attachait à la santé et à la vie ; chaque fois qu’il y eut un petit accroc ou un souci de cet ordre, il ne cessait de répéter : « l’éducation sans la santé est une chimère ! » Aussi l’on verra de quels soins attentifs il entoura sa fille Pauline et sa « chère épouse Fabrette » qui le lui rendaient bien.

Le rachat du domaine de Lunas...

   Jean Antoine vaillé, son beau-frère, le 21 juillet 1813, lui vend le domaine de Lunas. Le 9 octobre 1814, Jean Antoine Vaillé meurt, âgé de de 81 ans.

  La vente de l'étude...

   En 1813 il vend son étude de notaire à Jean-Pierre Connugut, son confrère de Saint-Pargoire, pour la somme de 13 000 francs. De fait, à 61 ans, Me Ollier ne gardait plus que sa charge d’avocat et de juge au tribunal de première instance, la propriété du Bosc, ainsi que celle de Lunas qu’il venait d’acquérir.

La scolarité de Pauline...

    Vers 1817, Pauline fut mise en pension à Montpellier et c’est madame Sainte Sophie tout naturellement qui, après la mère, fut chargée de l’éducation de la fille. De nombreuses lettres couvrent cette période jusqu’en 1824. Parents, amis et connaissances relayaient les visites du père et de la mère et Pauline, d’un tempérament gai, ne souffrit pas de l’éloignement.

      En 1824, Pauline ayant 14 ans, on dut songer à lui donner une éducation à la mesure des ambitions que l’on avait pour elle. Lyon avait très bonne réputation. Il fallut faire un choix entre différentes pensions. L’on s’arrêta finalement sur celle des demoiselles Reynaud sœurs, située Faubourg Saint-Just, rue des Forges, N° 79 Lyon, Rhône. Voici la liste des matières enseignées dans cet établissement : religion, lecture, écriture, arithmétique, grammaire, histoire et géographie, style épistolaire. Les maîtres d’agrément, pour le dessin, la danse, le piano, venant de l’extérieur, étaient rémunérés en plus du prix convenu de la pension qui était de 300 francs par trimestre. 

    La rentrée fut fixée au mois de mai 1824 et le déchirement très grand pour chacun des trois (père, mère et fille) tant l’affection qu’ils se portaient les uns aux autres était vive. Il fut convenu que « quoiqu’il arrive » on s’écrirait le 15 et le 30 de chaque mois et l’on tint parole car il n’y eut pas de vacances et il fallait compter au moins trois jours pour aller et autant pour revenir plus les frais … !

    Pauline passa donc pratiquement 2 ans et demi jusqu’en novembre 1826 avant de retourner à Lodève. La correspondance est dense et suivie. Elle nous apprend qu’au début de l’année 1825, elle tombe sérieusement malade. Sa mère Fabrette, vint se rendre compte de la situation. Elle resta un bon mois à Lyon, d’abord à l’hôtel de Provence, place Bellecour, chambre n° 32, puis prit elle-même pension chez les demoiselles Reynaud avec lesquelles un accord fut trouvé. Ollier se morfondait de son côté à Lodève « se levant à 6 heures du matin, prenant son café, puis fumant sa pipe » c’est lui-même qui l’écrit, en attendant l’arrivée du courrier !

    Enfin, après bien des soins et grâce à l’affection maternelle, Pauline recouvre la santé et reprend ses études :

            « Lever 6 heures du matin, à 7 heures nous allons faire notre prière, après quoi nous récitons nos leçons jusqu’à 8 heures et demie ensuite nous déjeunons. A 9 heures nous prenons la leçon d’écriture qui dure une heure et demie jusqu’à la leçon de grammaire qui est d’une bonne heure. Après cela vient la leçon de calcul jusqu’au dîner (midi) qui est à peu près à midi et demi. Puis la leçon de dessin et récréation jusqu’à deux heures ; ensuite la géographie ou une explication du globe et nous avons jusqu’à 5 heures et demie pour faire nos devoirs. Puis 1 heure et quart pour la leçon de piano … Voilà mon cher Papa comme la journée se passe »

   Les demoiselles Reynaud nous disent que Pauline, d’un caractère vif et spontané, faisait des progrès considérables en toutes les matières. Elle excellait en danse, dessin et piano. Sa mère avait loué un Erard forte, sur lequel elle étudiait deux heures par jour. Elle apprit donc aussi à se contrôler.

   Enfin le terme tant attendu arriva et, en novembre 1826, les parents vinrent chercher leur fille à Lyon pour se retrouver en famille à Lodève. Après lecture de factures et autres lettres, nous pouvons donner quelques détails sur les trois années suivantes.

   Fulcrand Ollier était bâtonnier de l’ordre des avocats et plaidait toujours sur Lodève et Montpellier. A cet effet, il louait un appartement en face des Pénitents Blancs pour le temps que ses affaires le retenaient à Montpellier. Les maçons intervenaient aussi, car on se préoccupait d’un peu plus de confort et d’embellissement rue Notre-Dame à Lodève. Le tapissier avait été chargé de tendre de la soie aux murs du « salon de compagnie ». Le menuisier remplaçait des portes et des penderies. Peintres et vitriers exécutaient les finitions… 

source : "Les châteaux de Lunas, seigneurs et châtelains" Ph. de Firmas - 2023 - édition Gravenize

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  Jeannine & Lucien Osouf - mars 2025

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